Les gourous du cinéma kangourou

Quels points communs entre Mad Max, héros ou salopards, Psychose 2 ou l’Année de tous les dangers ? Ce sont tous des films australiens. Des films qui témoignent de la vigueur et de la qualité d’un cinéma ou le fantastique joue un grand rôle. Les kangourous s’y connaissent dans l’art du coup de poing…Par Gilles Gressard

australiensOn parle beaucoup de l’Australie et de son cinéma depuis le succès mondial de « Mad Max ». A croire qu’un continent entier a joué les belles au bois dormant jusqu’à la fin des années 70… Pourtant, le cinéma australien existe depuis longtemps. C’est là que fut réalisé, en 1899, le premier long métrage mondial, « Les soldats de la croix ». Les cinéastes « locaux » ont toujours plus ou moins tourné des productions  » locales ». Mais elles sont rarement (pour ne pas dire jamais !) arrivées jusqu’à nous. Les deux premiers vrais films australiens contemporains découverts par le public français étaient, paradoxalement, signés par deux cinéastes étrangers. En 1970, Nicolas Roeg raconta, dans « La randonnée », comment deux enfants blancs, perdus dans le désert, ont dû s’en remettre à un jeune aborigène pour survivre. Dans ce film, Roeg faisait débuter celui qui allait devenir la star aborigène du cinéma australien : David Gulpilil (« La dernière vague », « Stormboy », etc. L’autre film australien – marquant était signé, en 1970 aussi, par un Canadien : Ted Kotcheff. « Outback, le réveil dans la terreur », peinture au vitriol des habitants et des mentalités de l’arrière-pays australien, était une véritable descente aux enfers de l’ennui, de la bêtise, de la violence et de l’alcoolisme. Le film est à redécouvrir. En cassette, il ferait, aujourd’hui encore, un malheur ! Quelques années plus tard, une nouvelle génération de cinéastes, 100% australiens, va s’imposer au monde entier. Le très officiel magazine Time leur consacrera même sa couverture et annoncera que, après les années 40 et le néo-réalisme italien, après les années 50 et la Nouvelle Vague française, après les années 60 et l’Ecole de l’Est… les années 80 appartiennent désormais à l’Australie ! Ils viennent presque tous de la télévision et sont prêts à dévorer le septième Art. Ils s’appellent George Miller, Bruce Beresford ou Peter Weir et sont en train de réussir, dans le domaine du cinéma, une percée comparable à celle des Japonais dans le domaine de la moto ou de la vidéo. Le gouvernement australien les y aide de son mieux. Une Société pour le développement du cinéma ainsi qu’une Ecole, nationale du cinéma et de la télévision ont été créées aux débuts des années 70. De plus, ceux qui investissent dans un film « bénéficient d’une détaxation d’impôts de 150%. Ainsi, une quinzaine de longs métrages sont produits chaque année.

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