Deauville 83. Le 9e débarquement

Pluie et soleil étaient au menu météo des festivaliers qui « cinochaient » américain du 3 au 11 septembre. Entre deux bronzettes, trois potins et une multitude de « petites bouffes » gargantuesques, ce beau monde eut l’occasion d’assister à ce qui se fait de mieux outre-Atlantique, côté cinéma. « Wargames » de John Badham a ouvert ce neuvième festival, suivi de près par « Flashdance », le coup de point musical d’Adrian Lyne. Face a un accueil public des plus enthousiastes, on dût faire appel au Samu pour mettre un peu d’ordre dans une salle littéralement survoltée par Jennifer Beals, l’héroïne du film. André Halimi et Lionel Chou-chan, fondateurs et délégués généraux du festival, assistaient, eux, à la naissance d’une nouvelle race de festivaliers, les « naufragés du badge » (ou « badge people », prêts a tout afin d’accéder au balcon du casino où se déroulaient les principales projections.Deauville La, des spectateurs aussi variés que Pierre Richard, Jacques Attali, Carlos Monzon, Jean-Claude Boutiez, Édouard Molinaro, Gerard Oury, Cyrielle Claire, Jean-Loup Dabadie, Jacques Demy et Michel Audiard prenaient (parmi tant d’autres) le pouls d’un cinéma américain plus dynamique que jamais. Une flopée de mélos larmoyants (retombées tardives de « Kramer contre Kramer ») tournant tous autour de gosses en proie a diverses vilenies, fit craindre le pire. Heureusement que les moments forts de ce festival ne manquaient pas : il y eut d’abord « Frances » un film hante par l’époustouflante performance de Jessica Lange. Dana un autre registre, on remarquait également « Underfire » de Roger Spottis woode dans lequel Nick Nolte, Joanna Cassidy et Gene Hackman forment une équipe de reporters couvrant les derniers moments du régime Somoza au Nicaragua. II est amusant de noter que le metteur en scène et sa vedette féminine, présents à Deauville, furent chouchoutés par les divers journalistes du festival, ravis de voir leur profession si brillamment miseà l’honneur. A l’applaudimètre, « Zilig » de Woody Allen, « Trading places » de John Landis et « Octopussy » de John Glenn se taillaient la part du lion. Parmi les nouveaux réalisateurs qui avaient fait le voyage afin de défendre leurs films, citons notamment Alan Rudolph pour »Return engagement », James Toback pour « Exposed », Graeme Clifford pour « Frances » ainsi que Jonathan Kaplan pour « Heartlike a wheel » une des bonnes surprises de Deauville 83. Présences remarquées également de Lee Marvin, Henry Hathaway, Joan Fontaine, Arlene Dahl et James Mason, qui eurent tous droit a des rétrospectives de leurs principaux films respectifs. Une mention spéciale est à réserver pour la projection (dans sa version intégrale) d’ « Une étoile est née » de George Cukor avec Judy Garland et James Mason. Les jeunes espoirs du cinéma américain étaient également de la partie, tels Beau Bridges et l’excellent Tom Bérenger venu présenter »Eddie and the cruisers ». Parallèlement à cela, la grande nouveauté de ce festival fut le lancement d’un festival vidéo de thrillers américains édités en cassettes durant l’année (sur la quinzaine de vidéo cassettes présentées, huit films étaient en compétition). Le jury, préside par Michel Audiard et composé par Georges Conchon, Michel Mitrani, Jean-Claude Romer et Laredj Karsala, decerna le prix vidéo Thomson du thriller au film « Le policema » de Daniel Petrie, avec Paul Newman (édité chez Sunset Vidéo). Au total, un festival de qualité, vivant et varié, couvert par de nombreux médias, qui témoignaient de leur attachement au cinéma d’outre-Atlantique. Un cinéma que les videophiles retrouvent avec la même passion de leur téléviseur et de leur magnétoscope.

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