Le triomphe des raconteurs d’histoire

Les jeunes réalisateurs australiens réalisent des thrillers, des polars, des films fantastiques, des mélos, des « roads movies », des « westerns-kangourous »… enfin tous les genres qui plaisent au fébrile public du samedi soir ! Les années 50 les ont nourris de feuilletons télé américains et de films de série B… tout comme Lucas ou Spielberg. Nombreux sont les films qui se réfèrent directement au modèle américain : « Mad Max » ou « L’année de tous les dangers », mais aussi « L’homme de la rivière d’argent » (signé d’un autre George Miter, sans lien de parenté) où un jeune bûcheron des hautes terres devient cow-boy dans la plaine. Tom Burlinson, avec ses allures de jeune gaillard costaud, y rappelle étrangement John Wayne à ses débuts. Hollywood a déjà récupéré les plus célèbres des nouveaux cinéastes australiens et leur a confié un film : Peter Weir et son « Année de tous les dangers », Bruce Beresford avec « Tendre bonheur » (présenté au récent Festival de Cannes et dont la sortie est imminente). George Miller, lui, a réalisé (avec Spielberg !) un des épisodes de « La quatrième dimension » qui sera présenté en janvier 84 au prochain Festival d’Avoriaz… Sans oublier Richard Franklin (qui est loin d’être le meilleur réalisateur de la bande) qui a signé « Psychose 2″. Le cinéma australien plaît parce qu’il perpétue le sens du glamour, du mythe, de la star. Il retrouve la magie du spectacle, car il respecte et tout à la fois renouvelle la tradition.

Un cinéma… fantastique !

cinéma... fantastiqueSi l’on regarde de près la liste des films australiens sortis en France (à peu près les mêmes qu’en Angleterre et aux États-Unis… bizarre !), on constate que huit sur dix sont des films fantastiques : « Mad Max 1″ et « 2″, « La dernière vague » et « Picnic à Hanging Rock », de Peter Weir, « Patrick », de Richard Franklin, « Harlequin », de Simon Wincer, « La nuit… un rôdeur » de Jim Sherman et surtout le sublime « Long week-end » de Colin Eggleston (un must du genre, disponible en vidéocassette I). Entre les tueurs fous américains et les zombies italiens, l’Australie est arrivée à temps pour renouveler les conventions et leur apporter un sang neuf en les plongeant dans ses réalités sociales, politiques ou morales. « Mad Max 1″ et « 2″, tout en reprenant les structures du western, deviennent le véritable psychodrame d’une société qui glisse lentement, mais sûrement vers la violence sauvage et primitive. « Long week-end », à travers l’aventure d’un couple perdu sur une plage déserte, raconte l’inadaptation de l’homme civilisé à un environnement naturel. « La dernière vague », qui est aussi un pur chef-d’œuvre, montre à travers l’enquête d’un avocat sur un meurtre rituel d’aborigènes et les étranges phénomènes atmosphériques qui s’abattent sur l’Australie, le problème d’une civilisation précaire construite sur les ruines d’une autre civilisation. Le cinéma australien vous donne l’impression d’être intelligent sans que l’on se prenne pour Marguerite Duras ! Ici, point de message enfoncé dans la tête du spectateur à grands coups de signification ! Plus d’ésotérisme ! On prend son plaisir de spectateur à deux mains et on voyage dans un pays lointain, très exotique. Le cinéma australien doit beaucoup à Mel Gibson. Il est la star du moment. L’Australie a fourni aussi Judy Davis (« Ma brillante carrière » et « Commando ») et le Néo-Zélandais Sam Neill (que l’on a vu dans « Possession » aux côtés d’Adjani et dans « Enigma »). Mais Mel Gibson reste, grâce au personnage de Max, le « number one ». Grâce à lui, on a pu découvrir, en cassette uniquement un autre très beau mélo australien : « Tim », de Michael Pate, où il joue, aux côtés de Piper Laurie, un jeune et séduisant simple d’esprit. Aujourd’hui, Mel Gibson tourne une nouvelle version des « Mutinés du Bounty », réalisée par le Néo-Zélandais (un voisin !) Roger Donaldson. La coïncidence est amusante lorsqu’on se souvient qu’Envi Flynn, né en Tasmanie (région australienne s’il en est), a commencé sa carrière du côté de Melbourne, en 1933, dans un film de Charles Chauvel et Ken Hall intitulé « Dans le sillage du Bounty « . Ce fut le seul film australien d’Errol Flynn. Hollywood en fit la star américaine que l’on sait. Belle revanche, aujourd’hui ce sont les stars et les cinéastes australiens qui s’imposent, lentement mais sûrement, au cinéma américain.

Quelques bons films australiens, devenus des classiques, qui feraient d’excellentes vidéocassettes

Summer of secrets (1977. Fantastique) de Jim Sharman. Deux jeunes gens débarquent sur une île isolée où un docteur mène d’étranges expériences pour retrouver le passé.

The devil’splayground (1977. Drame psychologique) de Fred Schepisi. En 1953, dans un pensionnat religieux, des adolescents pubères se heurtent à la discipline de leurs maîtres.

The chant of Jimmy Blacksmith (1978. Drame psychologique) de Fred Schepisi. Un jeune métis aborigène massacre une famille de fermiers blancs. Il fuit dans la campagne australienne, pourchassé par la police.

The irishman (1978. Drame psychologique) de Donald Crombie. Black Paddy Nolan, fameux conducteur de chariot à attelage, doit lutter pour survivre contre la concurrence naissante du transport par camion.

The getting of wisdom (1977. Drame psychologique) de Bruce Beresford .A la fin du siècle dernier, une jeune fille pauvre suit les cours d’un célèbre collège de la haute société de Melbourne et est humiliée par ses camarades de classe.

Summerfield (1977. Thriller) de Ken Hannam. Un instituteur, venu remplacer e titulaire du poste mystérieusement disparu, est attiré par les habitants d’une île dont l’accès est interdit.

The Mango tree (1977. Drame psychologique) de Kevin Dobson. Un adolescent, élevé par sa grand-mère, découvre l’autorité de l’école et de la religion.

Caddie (1977. Drame psychologique) de Donald Crombie. En pleine dépression, une jeune femme quitte son foyer et gagne durement sa vie comme barmaid à Sydney.

Break of the day (1976. Dramepsychologique) de Ken Hannam. Dans les années 20, les amours brèves et passionnées d’un journaliste et d’une artiste peintre.

The picture show man (1977. Comediescdramatique) de John Power. Avant l’avènement du parlant, un cinéma ambulant à travers les grands espaces de la Nouvelle Galles du Sud et du Queensland.

Petersen (1974. Sex comédie) de Tim Burstal. Lors d’une réception, Petersen, robuste prolétaire, intervient pour protéger la fille de la maison d’un viol collectif par une bande de HellsAngels.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>